On est toujours la !

On est toujours la !

Et oui, nous sommes toujours là !

Bon c’est vrai que, depuis le mois d’Août, le blog n’a pas été alimenté, hormis la carte. La faute à quoi ? Et bien tout simplement au voyage ou plutôt au fait que nous sommes vraiment rentrés dans le temps du voyage… Nous y sommes rentrés chacun à notre rythme, quasi instantanément pour les filles, au bout d’un mois pour Isabelle, et pour ma part, il m’aura bien fallu 5 mois pour stopper la machine et prendre le temps, oui, enfin prendre le temps ! Et quand on prend le temps, vous savez, celui de profiter de l’instant présent, de prendre la journée plutôt comme elle se présente et non pas comme on l’a planifiée, de profiter pleinement de sa famille, des endroits magnifiques que l’on traverse, des gens que l’on rencontre, des animaux que l’on croise, de laisser libre cours à ses envies et ne surtout pas se forcer, et bien quand on prend ce temps-là, il est déjà tard le soir lorsque l’on se dit, « au fait, le Blog… bah, on verra demain». Et de demain en après-demain, on se retrouve finalement assez facilement deux mois plus tard !

On ne garantit pas que les articles vont redémarrer sur un rythme effréné, mais on va quand même essayer d’être un peu plus présent et vous faire partager avec grand plaisir notre formidable aventure !

C’est reparti !

On est en retard …

On est en retard …

Nous avons enchainé et bien profité des magnifiques parcs Américains et Canadiens avec en prime une belle météo. Mais voilà, du coup, nous sommes en retard et il faut faire un choix pour rester dans le timing. Soit explorer le nord de la Colombie Britannique et se plonger dans la fabuleuse histoire de la ruée vers l’or Canadien, soit faire une incursion en Alaska pour tenter de profiter de la côte pacifique au sud du 49ème état américain. Le conseil a délibéré, nous ne passerons pas au dessus du 55ème parallèle, en tout cas pas en camping car, l’appel de l’océan est le plus fort !

Nous quittons donc Jasper par une route plus à l’ouest, direction Prince Rupert, ce « short-cut » nous fait gagner 1300km soit une bonne semaine, ce qui comble en partie notre retard et nous avalons en 3 jours les 1200km qui nous séparent du pacifique !

A très bientôt …

Welcome to the United States of America !

Welcome to the United States of America !

Vendredi 18 mai 2018, passage de la frontière, l’enjeu est de taille car j’ai bâti le voyage avec l’hypothèse que l’officier que nous allons rencontrer nous valide bien une durée de séjour aux USA largement supérieure à ce que prévoit à priori nos visa B2. Là où un visa donne la possibilité d’obtenir une durée de séjour de maximum 6 mois, il nous faut 11 mois pour mener à bien notre programme !  Ainsi, du bon déroulement de nos formalités d’entrée dépendent les 5 derniers mois de notre périple !

Bien sûr, les longues heures passées sur le web à glaner de l’information et notre rendez-vous à l’ambassade en décembre dernier m’avaient rassuré sur nos chances d’obtenir cette autorisation longue durée. Mais la législation américaine en la matière est ainsi faite, vous pouvez disposer d’un visa, d’un avis favorable de l’ambassade des états unis d’Amérique et d’un solide dossier blindé d’attestations certifiant que vous n’avez pas besoin de travailler sur le sol américain et que vous repartez illico en France après le voyage, le seul qui décide au final, c’est l’officier que vous avez en face de vous au moment de votre passage de la frontière !

C’est aussi une des raisons pour lesquelles nous avons débuté notre voyage du canada, pour passer la frontière par voie terrestre et prendre le temps d’expliquer notre voyage plutôt que de se présenter devant l’officier américain en même temps que les 500 autres passagers de l’avion. Le choix d’un poste frontière pas trop fréquenté nous a ensuite mené jusqu’à Sault Sainte Marie, agglomération de taille moyenne éloignée des grandes métropoles Canadiennes et Américaines.

Ce choix aurait pu être judicieux si nous ne nous étions pas présenté le premier jour du long week-end de 4 jours, fête Canadienne de « Victoria’s Day » qui marque également le début de la saison estivale ! Prévenus par nos voisins de camping de l’affluence que nous risquions de trouver à la frontière (nombreux sont les Canadiens à se rendre sur les rives du lac Michigan à cette occasion) nous décidons d’attendre le début d’après-midi pour nous présenter à la douane. A 13h30, il y a finalement peu de monde et seulement 4 véhicules nous précèdent au poste frontière. L’officier nous reçoit assez froidement, il contrôle nos véhicules et ne sachant pas trop si c’est de lui que dépend notre sort, je me risque à lui expliquer notre aventure, il m’interrompt sèchement et me fait comprendre que mon rôle doit se limiter à répondre à ses questions ! il n’a visiblement que faire de notre histoire…. Les questions défilent et l’angoisse commence à se faire sentir jusqu’à LA question « where do you go ? ». Là, c’est à moi, je lui explique notre voyage et lui montre la belle carte du continent nord-américain avec notre itinéraire préparé bien proprement et les mois qui précisent notre cheminement… le visage de mon interlocuteur s’illumine, devient soudainement très sympathique, ses yeux s’ouvrent un peu plus, sa bouche dessine un large sourire et laisse échapper un magnifique « Wouahouu, what a beautiful trip ! ». C’est gagné, il a compris que notre demande est particulière et nous demande de garer le VR,  il nous oriente vers ses supérieurs dans le grand bâtiment juste au-dessus de nous. Arrivés en haut, l’affaire se présente bien, il n’y a pas un chat et nous sommes les seuls face à 4 officiers qui attendent patiemment… Les premières questions de notre nouvel interlocuteur sont toutes aussi froides et sèches (ce doit être la procédure…), mais viennent directement sur le pourquoi vous venez aux états unis et vous allez où ? Je recommence mes explications et ressort ma carte magique qui produit instantanément le même effet et c’est en admiration pour notre périple que les questions s’enchainent de façon très détendues. Il interpelle même une de ses collègues pour lui montrer notre carte et l’inviter dans notre discussion ! Coup de chance, celle-ci comprend le français et peut donc lire nos attestations (ressources financières nécessaires au voyage et retour programmé au travail en France) ! Du coup, aucun doute nous ne voulons pas travailler aux états unis ou nous y installer mais bien réaliser un fabuleux voyage sur le continent nord-américain! Après un bon quart d’heure de discussion, les deux officiers nous félicitent pour la préparation de notre dossier et comprennent que notre demande est particulière et dépasse leurs compétences habituelles à savoir un maximum de 6 mois pour des touristes détenteur d’un Visa B2. C’est ainsi, qu’ils nous demandent d’attendre l’officier supérieur, seul habilité à délivrer ce genre d’autorisation. Après  un petit quart d’heure d’attente c’est finalement deux nouveaux officiers qui se présentent à nous, l’officier supérieur attendu et l’officier responsable du poste frontière ! Bien qu’ils aient été mis au courant de la situation, le rituel se répète, avec ses questions, le ton d’abord froid et sec (c’est la procédure j’vous dit !) puis l’enthousiasme suscité par notre aventure… Au final, je n’ose pas y croire, ou plutôt je me dis que je n’ai pas du comprendre sa question, et pourtant c’est bien cela, l’officier me demande très poliment si la date du 17 mai 2019 nous conviendrait comme date de sortie du territoire !!?? et d’ajouter, « comme cela, ça vous laisse 3 semaines de plus que ce que vous avez prévu, au cas où… »

Une bonne heure après nous être présentés, stressés et inquiets, au premier officier, nous sortons du poste de douane soulagés, légers et heureux nous avons sur nous 4 passeports avec Visa américain revêtus du tampon officiel :

ADMITTED : MAY 18 2018         Until : MAY 17 2019 

Tu n’auras pas d’assurance voiture !

Gérée depuis la Savoie, l’obtention de l’assurance pour le camping-car n’avait pas posé grandes difficultés même si, les non-résidents Québécois que nous sommes se sont vu appliquer une prime d’assurance annuelle 3 fois supérieure au tarif pratiqué pour un Québécois ! Malgré les attestations d’assurance délivrées par nos assurances françaises faisant état d’aucun sinistre sur les 5 dernières années, il faut croire que le non Québécois est réputé mauvais conducteur ! Mais bon, nous avions, pour la modique somme de 1850€ ( !), notre assurance pour le VR avant de traverser l’atlantique.

Nous avions prévu de faire l’acquisition de la voiture une fois sur place et ce fut chose faite le lendemain de notre arrivée ! Profitant de l’ouverture des concessionnaires automobile le dimanche et d’une offre de vente de voiture « usagée » intéressante (modèle 2010 avec très peu de kilomètre et quasi neuve pour mois de 6000€) nous faisons l’acquisition d’une superbe Jeep Patriot. Trop facile !

Allo, Monsieur Martin (c’est, du moins c’était, notre courtier en assurance) il nous faut maintenant un contrat d’assurance pour la voiture ; « Non, monsieur, il n’est pas possible d’assurer votre véhicule au Québec, vous n’êtes pas résident Québécois ! Nous sommes le lundi 16 avril, premier des 11 jours qui auront été nécessaire pour obtenir une assurance pour la Jeep ! Nous avons dû essuyer 6 refus de compagnies d’assurance. « Mais enfin monsieur Martin, vous nous avez assuré notre VR qui coûte 60 000€ et il n’est pas possible d’assurer une voiture à 6 000€ ? ».

Et bien oui, 2 raisons à cela, en premier, nous ne sommes pas résident québécois et ce qui est « toléré » pour un camping-car (où les assureurs comprennent bien que des touristes longue durée fassent l’acquisition de ce type de véhicule pour visiter la belle province et plus largement le Canada et les US) n’est pas permis pour une « simple » voiture qui nécessite que le propriétaire soit résident au Québec. Deuxièmement, la réglementation des assurances au Québec ne permet pas à ses ressortissants de séjourner en dehors de la province plus de 5 mois consécutifs ! En résumé, nous sommes non résident et avons besoin de sortir de Québec durant… 11.5 mois !

Après de nombreuses démarches téléphoniques et quelques mails, c’est finalement grâce au Bureau des Assurances du Canada (association qui représente la majorité des assureurs) et à la compréhension et la pugnacité de madame Langevin que nous sommes parvenu, via un nouveau courtier, à obtenir une assurance « à minima » pour la voiture auprès d’AVIVA qui assure notre VR. Le BAC a réussi à imposer à AVIVA notre situation en revenant au bon sens : « vous avez assuré leur camping-car, et bien maintenant vous leur assurez également leur voiture pour le même périple ! ».

Au final, nous avons une assurance pour la Jeep, avec couverture hors Québec pour 12 mois consécutif (ce qu’aucun Québécois n’est en mesure d’obtenir !) et pour un prix raisonnable, 200€. Gros bémol néanmoins, AVIVA ne répond pas à notre demande de contrat de couverture totale et nous couvre uniquement au tiers ! Pas très sport tout ça !

Champagne ! C’est ce que j’avais promis si nous parvenions à assurer la Jeep, ce fut chose faite à l’occasion d’une belle soirée et d’un superbe repas chez Ginette et Elie avec Coco, Jean, Jordan et Joanie.