On est toujours la !

On est toujours la !

Et oui, nous sommes toujours là !

Bon c’est vrai que, depuis le mois d’Août, le blog n’a pas été alimenté, hormis la carte. La faute à quoi ? Et bien tout simplement au voyage ou plutôt au fait que nous sommes vraiment rentrés dans le temps du voyage… Nous y sommes rentrés chacun à notre rythme, quasi instantanément pour les filles, au bout d’un mois pour Isabelle, et pour ma part, il m’aura bien fallu 5 mois pour stopper la machine et prendre le temps, oui, enfin prendre le temps ! Et quand on prend le temps, vous savez, celui de profiter de l’instant présent, de prendre la journée plutôt comme elle se présente et non pas comme on l’a planifiée, de profiter pleinement de sa famille, des endroits magnifiques que l’on traverse, des gens que l’on rencontre, des animaux que l’on croise, de laisser libre cours à ses envies et ne surtout pas se forcer, et bien quand on prend ce temps-là, il est déjà tard le soir lorsque l’on se dit, « au fait, le Blog… bah, on verra demain». Et de demain en après-demain, on se retrouve finalement assez facilement deux mois plus tard !

On ne garantit pas que les articles vont redémarrer sur un rythme effréné, mais on va quand même essayer d’être un peu plus présent et vous faire partager avec grand plaisir notre formidable aventure !

C’est reparti !

Yellowstone

Yellowstone

On nous avait dit, Yellowstone, vous allez adorer mais à cette période, il y a beaucoup de monde. Et bien Yellowstone, on a adoré, mais à cette période, il y a beaucoup de monde ! En effet, le premier parc national créé au monde (1872) est connu de tous, c’est pourquoi les touristes du monde entier et particulièrement les asiatiques visitent Yellowstone, 3 millions de visiteurs par an, 80% entre fin juin et fin Août !

Par chance, ici encore le visiteur ne dispose en moyenne que d’un ou deux jours pour parcourir le parc dans son programme global de voyage. C’est donc sur les sites les plus connus et les plus accessibles que se concentrent 95% des visiteurs. Nous sommes donc conscients du privilège qui est le nôtre de pouvoir consacrer 8 jours à la visite du parc. Un luxe qui nous a permis, une fois visités, de nous écarter des sites surpeuplés et d’accéder à d’autres, plus intimistes, plus intenses, où la force de la nature se fait sentir, où la faune se montre généreuse, préservée, belle et accueillante et vous laisse à penser que vous êtes les premiers à fouler ces immenses plaines, toucher du doigt ces beaux sommets et remonter ces puissantes rivières.

Il a fallu quand même revoir notre stratégie habituelle pour trouver où poser notre maison. Notre stratégie habituelle ? C’est simple, on a le temps, on ne se stresse pas et on ne réserve rien, on trouvera bien un endroit où poser le camping-car. Et bien à Yellowstone début juillet, ça ne marche pas ! Après une première nuit passée sur un parking interdit au camping (nous ne serons pas dérangés) et la journée du lendemain à alterner entre visite des geysers et des campings complets, nous avons été obligé de quitter le parc pour passer la nuit dans la jolie petite ville de Gardiner, sur le parking de l’école car là aussi les campings étaient « Full » ! Par chance, la majorité des campings du parc ne peuvent être réservés ; ils sont en mode premier arrivé, premier servi. Ainsi, la nouvelle stratégie reste simple, réveil à 5h le lendemain matin, 1h30 de route qui nous sépare du camping situé au centre du parc, 30 minutes d’attente que la route en travaux ouvre à la circulation et à 7h30 nous sommes dans la file d’attente. Nous y faisons la rencontre d’Antony qui arrive de San Francisco. Il est heureux de pratiquer son Français qu’il tient de sa maman française venue s’installer aux USA dans les années 80. De notre côté, afin d’améliorer notre anglais, nous lui proposons une conversation français pour lui, anglais pour nous ! Antony est ingénieur du son pour la compagnie de Georges Lucas à Hollywood, il a 2 jours avec ses amis pour visiter le parc. Les emplacements se libèrent peu à peu et quand vient notre tour, le Ranger en charge de l’attribution des emplacements nous indique qu’un seul site capable d’accueillir de grands véhicules est prévu d’être libéré aujourd’hui alors que nous sommes deux à patienter sagement depuis plus de 2 heures avec un grand camping-car … Nous sommes arrivés 3 minutes avant l’autre VR (véridique !) donc les premiers, l’emplacement sera pour nous ! Il est 11h, nous installons notre campement pour les 7 jours qui viennent : Yellowstone, nous voilà !

Ce magnifique parc nous a offert, chaque jour, de belles rencontres avec la faune sauvage, de magnifiques et immenses espaces préservés et bien sûr les superbes et surréalistes couleurs créées par de nombreux phénomènes géothermiques. Il y a les plus beaux, les plus spectaculaires, les plus connus (Old Faithfull, Grand Prismatic …) qui sont dotés d’infrastructures directement accessibles depuis la route permettant d’accueillir les flots incessants de visiteurs. Leur beauté est telle que nous avons pris énormément de plaisir à nous glisser dans la foule pour s’en approcher et s’en émerveiller.

Et puis il y a les autres, plus modestes, plus petits, moins hauts en couleur, mais qui ont l’énorme avantage de ne pas être répertoriés sur les guides et être simplement là, au détour d’un chemin de randonnée, sans personne autour, juste pour nous ! Ceux-là se laissent approcher, sans panneaux d’interdiction ni barrières, simplement en faisant appel au bon sens et à la prudence du randonneur qui n’a pas vraiment envie de plonger dans une piscine à 95°c ! Ces mini volcans, nous ont offert des moments rares, où, tels des aventuriers nous nous sommes approchés, prudemment et avec méfiance, pour sentir les odeurs de souffre et d’œuf pourri, toucher cette eau ou cette boue chaude, tiède ou bien bouillante et au final sentir toute la puissance de la matière en fusion juste sous nos pieds…

Bien sûr nous nous souviendrons des geysers mais nos rencontres avec la faune ont été bien plus chargées d’émotions. Se retrouver seul en vélo face à face avec un coyote a été une expérience inoubliable. Laura ne savait pas s’il fallait être contente de voir de si près « son animal préféré » où s’il fallait remonter sur le vélo pour s’enfuir à toute allure « c’est bon papa, on peut y aller maintenant … ». Yellowstone marquera notre première rencontre avec les ours noirs, forcément impressionnant, fascinant, exaltant ! Depuis le parc de Bighorn Canyon où nous en avions fait l’acquisition, et Grand Téton où nous avions suivi une petite formation quant à son utilisation, nous avons sur nous un spray poivré sensé repousser une attaque d’ours. Alors forcément, avoir l’intéressé à proximité de soi nous interroge sur l’efficacité de notre aérosol à 50$… comme toute solution de dernier recours, il est préférable de ne pas en arriver là et d’appliquer la règle de base, faire du bruit pour avertir l’ours de notre présence et ainsi ne pas l’effrayer. C’est ce que nous faisons régulièrement sur les chemins avec le classique « heeyyyy bear ! » ou notre version française « Aaaalbert ! ». Mais nous avons un avertisseur bien plus efficace, nos deux filles qui ne cessent de jouer, de parler ou de crier tout au long des randonnées !

Et que dire de notre ballade dans Lamar Valley ? Nous avons cheminé seul au monde dans cette magnifique vallée pour au final s’offrir une pause-déjeuner au beau milieu d’un troupeau de bisons  et de proghorn ! Moment magique et impressionnant où ces colosses nous ont surveillé durant notre approche et validé la distance que nous avons su garder avec le troupeau pour au final accepter, sous surveillance des mâles, notre présence sur leurs terres le temps du repas.

Mais de tous les animaux, le plus heureux de notre présence fut le moustique ! Le canyon de Yellowstone est vraiment beau et se mérite au prix de quelques prises de sang ! Heureusement ce fut la seule journée et les rafales à 100km/h au sommet du mont Washburn ont au moins eu le mérite de nous épargner ces désagréments.

Nous quittons Yellowstone heureux, cette semaine fut extraordinaire, il y eu même une journée de pluie pour se reposer, s’occuper de l’intendance et rattraper un peu de temps d’école qui a été quelque peu écourté durant ces belles journées …

Yellowstone m’a également apporté une des clés de la compréhension de l’histoire de l’Ouest américain, ce parc permet en effet de s’apercevoir que la culture et l’histoire indienne est encore bien présente aujourd’hui. Tout ici rappelle que nous sommes en terre indienne,  nom des rivières, des montagnes, des vallées. De ces paysages magnifiques, c’est finalement l’histoire des peuples indiens qui ressort, comme si celle des colons, des cow-boy était trop jeune, trop récente pour avoir occulté la grandeur de ces territoires sacrés…

Nous reprenons la route avec la banane, nous gardons le cap au nord et quittons l’état du Wyoming pour celui du Montana avec comme objectif, Glacier National Park…

On est en retard …

On est en retard …

Nous avons enchainé et bien profité des magnifiques parcs Américains et Canadiens avec en prime une belle météo. Mais voilà, du coup, nous sommes en retard et il faut faire un choix pour rester dans le timing. Soit explorer le nord de la Colombie Britannique et se plonger dans la fabuleuse histoire de la ruée vers l’or Canadien, soit faire une incursion en Alaska pour tenter de profiter de la côte pacifique au sud du 49ème état américain. Le conseil a délibéré, nous ne passerons pas au dessus du 55ème parallèle, en tout cas pas en camping car, l’appel de l’océan est le plus fort !

Nous quittons donc Jasper par une route plus à l’ouest, direction Prince Rupert, ce « short-cut » nous fait gagner 1300km soit une bonne semaine, ce qui comble en partie notre retard et nous avalons en 3 jours les 1200km qui nous séparent du pacifique !

A très bientôt …

Parc National de Grand Teton

Parc National de Grand Teton

Départ à 5h de Cody pour rejoindre d’une traite le parc de Grand Téton en traversant la partie sud du parc de Yellowstone. J’aime ces moments tôt le matin, le jour se lève alors que l’équipage dort encore, la nature s’éveille et la faune sauvage montre le bout de son museau ou de ses cornes…

Nous pénétrons dans le parc de Yellowstone pour une heure seulement le temps de traverser sa partie sud. Ce secteur du parc a été dévasté par un incendie il y a une dizaine d’année, le paysage de désolation contraste avec l’image que nous nous faisons de ce parc mythique.

Arrivés à Grand téton, nous nous rendons au lac jenny avec l’intention d’y randonner pour la journée. Nous sommes le vendredi 22 juin, première journée de cohabitation avec la foule de touristes et vacanciers qui ont eu la même idée que nous ! Comme à chaque randonnée, nous avons emporté notre « bombe à ours » (spray poivré destiné à repousser une attaque d’ours) mais vu l’affluence sur le sentier, il y a peu de chance d’en apercevoir un ! Par la suite, nous avons appris à gérer cette foule de touristes à majorité asiatique qui se déverse sur les chemins des parcs de renommée mondiale entre fin juin et fin Août. La technique est assez simple au final, optez pour des randonnées de plus d’une heure aller et si possible avec un peu de dénivelé et le tour est joué ! 90% des touristes ont un timing très serré et optent pour plusieurs points d’intérêt en une journée, rares sont ceux qui peuvent consacrer une journée voire une demi-journée pour une randonnée.

Autre technique pour ne pas se mêler à la foule, partir naviguer sur les nombreux lacs et rivières qu’offrent ces grands espaces américains et canadien. C’est ce que nous avons fait avec grand bonheur à Grand Téton, ce qui nous a permis de tester notre kayak gonflable acheté à Cody. Bon, OK Jean-Mi, c’est pas LE Kayak ultra marin et taillé pour l’aventure, mais pour se promener sur l’eau en famille et passer quelques petits rapides, c’est parfait. Le plus compliqué, c’est d’obtenir les permis, certificats et autorisations du Parc pour pouvoir naviguer. Et oui, même pour de petites embarcations comme les notre il nous a fallu, acheter deux permis (valables pour un an uniquement dans le parc de Grand Teton 2x12$) puis se rendre dans un autre centre pour payer la taxe sur les embarcations (valable pour un an dans le Wyoming 2x15$) et obtenir la fiche d’inspection et enfin, de la, se rendre sur le site d’inspection ou un Ranger a négligemment jeté un œil à l’intérieur du sac du paddle board et du Kayak puis tamponné (gratuitement !) notre autorisation de naviguer pour la journée…

Entre balades sur sentier et sur l’eau, nous avons passé de beaux moments à Grand Téton, avec un camp de base superbe (merci Ioverlander) avec vu sur les tétons. Une belle soirée passée à Jackson, petite ville selecte au sud du parc où la moindre maison se monnaie 2 à 3 millions de dollars et qui dispose de petits restaurants fort sympathiques…

Ah, au fait, pourquoi Grand Téton ? Ce sont des trappeurs français qui s’aventurèrent  dans cette région au début du 19ème siècle et qui pénétrèrent sur ces terres des tribus Blackfeet, Crows, Shoshones et Gros-Ventre. Ils baptisèrent les cimes enneigées à plus de 4000m, Grands tétons… l’histoire ne dit pas depuis combien de temps ils étaient partis de chez eux …

Cody

Cody

Cody, c’est l’histoire d’un certain William Frederick Cody, plus connu sous le nom de Buffalo Bill, figure mythique de la Conquête de l’Ouest. Monsieur Cody était chasseur de bisons et fournissait entre autre les cuisines de la compagnie des chemins de fer, c’est de cette époque qu’il fut ainsi surnommé. Mais Buffalo Bill est surtout connu pour avoir organisé et dirigé un spectacle populaire : le Buffalo Bill’s Wild West. Ce spectacle mettait en scène la conquête de l’ouest, bien évidemment tournée à la gloire et à la grandeur des états unis d’Amérique subissant les attaques injustifiées de sauvages et sanguinaires indiens…

Ce spectacle était très populaire et très attendu aux 4 coins de l’Amérique car il remontait le moral des colons qui y trouvaient à la fois la fierté de participer à cette aventure mais aussi la justification de leur dure et précaire existence. Il y eu même une tournée en Europe avec un passage en France en 1889 à Paris, Lyon et Marseille ! Pour nous Cody, c’était vivre et s’imprégner un peu plus des deux visages de l’ouest américain. Celui du Cow-Boy tout d’abord, en assistant à notre premier rodéo ! Les néophytes que nous sommes se sont retrouvés au beau milieu de tribunes combles où nous avons ressenti la ferveur populaire se manifester lors de ce beau spectacle. Et c’est vrai que c’est impressionnant, la bénédiction tout d’abord, avec une prière, debout, pour protéger ces valeureux cow-boys qui vont s’affronter dans des exercices très spectaculaires et dangereux. La prière encore afin que « god bless américa », debout et la main sur le cœur ! Et sans transitions aucunes, le défilé des drapeaux des partenaires et autres sponsors de la soirée … Les choses sérieuses commencent ensuite par la très impressionnante chevauchée des taureaux (désolé je n’ai pas d’image dans le film, j’ai foiré les enregistrements GGGrrrr !!!). On comprend beaucoup mieux la prière du début pour ces jeunes hommes qui s’élancent sur un animal de plus d’une tonne, très, mais alors très énervé d’avoir un bipède sur le dos ! Des images de rodéos que nous avons tous vu, ne ressortent absolument pas la rage, la force et la colère de l’animal et l’extrême violence des coups et des ruades que doit gérer et encaisser le cow-boy. Fort heureusement pour nous, tout s’est bien passé, mais c’est vrai que j’ai eu peur que les filles assistent à un drame… Viennent ensuite les épreuves avec les chevaux sauvages et enfin celles où s’expriment pleinement la dextérité des Cow-boys au lasso et la belle osmose avec leur monture lorsqu’il s’agit d’attraper et de maitriser un veau lancé à toute allure. L’autre visage de l’Ouest, c’est celui des indiens, et Cody est réputé pour son musée des indiens des plaines, au sein du Buffalo Bill Historical Center. C’est donc là que nous nous sommes rendus le lendemain matin et nous y avons passé une bonne partie de la journée ! Le billet d’entrée est valable deux jours car ce centre regroupe 5 musées. Nous en avons fait deux avec celui sur la faune et la flore du parc de Yellowstone qui était magnifique, nous avons fait la fermeture ! En parlant de Yellowstone, il serait peut-être temps d’y aller ?