Les Sioux les avaient nommées les montagnes noires, « Pahá Sápa », lorsque l’on observe de loin depuis la plaine ce massif montagneux et boisé, il apparait effectivement sombre. Terre sacrée pour les indiens, c’est pourtant ce massif montagneux qui accueille les sculptures monumentales de Georges Washington, Thomas Jefferson, Théodore Roosevelt et Abraham Lincoln. Les visages du mont Rushmore, connus dans le monde entier, dérangent au final lorsque l’on connait l’histoire de ces montagnes.

Comment l’homme moderne et soit disant civilisé a-t-il pu se montrer si méprisant à l’égard des sioux en gravant au cœur de son territoire et sur des montagnes sacrées les visages de ceux qui, de près ou de loin, ont cautionné et encouragé la lutte et le massacre de ces peuples ? Et lorsque l’on sait que le sculpteur, Gutzon Borglum, a choisi ces 4 présidents pour rendre hommage à leurs actions politiques résolument tournées vers le respect de l’homme de sa liberté et de ses droits… Pour l’histoire, c’est la guerre des Black Hills, qui donna lieu au plus célèbre affrontement entre les Sioux et Cheyennes contre l’armée américaine, la bataille de Little Big Horn remportée par les indiens. Malgré cela, les Etats Unis prennent possession illégalement de ces terres en 1877, violation qui a d’ailleurs été reconnue par la cours suprême en juillet 1980…

Nous nous extirpons finalement bien vite du mont Ruchmore et de ses hordes de touristes où même le Visitor Center est exclusivement tourné à la gloire de monsieur Borglum et sur la prouesse technique des 14 années de dynamitage de la montagne, pas un mot sur l’histoire indienne de ces montagnes !

Nous dégotons un emplacement dans la forêt pour établir notre camp, au cœur des Black Hills, seul au monde ! Pas tout à fait le premier soir puisque l’emplacement était déjà occupé par Noé, jeune voyageur de Nantes, qui n’en est toujours pas revenu que nous ayons réussi à prendre place et manœuvrer notre VR au milieu des arbres ! Nous avons passé une agréable soirée en sa compagnie.

Le lendemain nous partons randonner depuis Sylvan Lake, un petit bijou de la nature planté là, au milieu des rochers et des pins, au cœur d’une montagne accueillante. L’objectif de la journée ne sera pas atteint par les filles qui n’ont pas le goût à la marche aujourd’hui, c’est donc seul que j’atteins le Black Elk Peak, sommet le plus haut (2 207 mètres) du Dakota du Sud. Bon, je ne veux pas faire mon pénible mais quand même, sculpter dans la roche des marches d’escalier sur les 50 derniers mètres d’ascension et planter, au sommet, une construction avec salle hors sac et toilettes, c’est quand même moyen… De là-haut, la vue est superbe sur les Black Hills et en regardant la plaine au loin, on comprend bien pourquoi ces montagnes s’appellent ainsi.

Après avoir parcouru le magnifique loop de la petite route historique avec ses tunnels au gabarit réduit et ses ponts en bois, nous effectuons une halte dans la petite et charmante ville de Hill City.

Le lendemain, départ pour Deadwood et son histoire toute droite sortie du FarWest ! Deadwood est la ville de James Butler Hickok allias « Wild Bill » et de sa compagne de chemin, une certaine Calamity Jane… Wild Bill a bâti sa réputation sur ses capacités à manier le Colt 45 et ce dans le but de faire régner l’ordre et la loi. Originaire de l’Illinois, il s’établit à Deadwood et devient rapidement le Shérif de cette ville née de la ruée vers l’or où les saloons, les casinos et les filles n’attirent pas que des enfants de cœur…  C’est au cours d’une partie de poker au Saloon que Wild Bill se fera descendre, depuis et encore aujourd’hui, la ville voue une admiration sans limite à Monsieur Hickok, tout dans Deadwood évoque son souvenir, jusqu’à des reconstitutions quasi quotidiennes et minutées de la journée de sa mort !

Nous avons pris beaucoup de plaisir à flâner dans cette ville du Far West, du fait également du festival de musique qui s’y tenait, en fin d’après-midi, nous attachons nos chevaux avant de pénétrer dans le fameux Saloon où Wild Bill fut assassiné pour commander un Whisky (une bière en réalité !) Au petit matin, je ne résiste pas à l’envie de faire un petit footing sur le Mount Moriah, qui surplombe la ville et accueille son cimetière, pour me rendre sur la tombe de Calamity Jane, ayant dévoré les Lucky Luke plus jeune, elle fait un peu partie de la famille… allez Rantanplan, on y va !

Le 21ème siècle retrouvé, le VR roule en direction de Devil’s Tower, autre terre indienne sacrée…