Nous quittons Devil’s Tower sous la pluie, qui ne nous aura donc pas quitté depuis notre arrivée sur ce site sacré. Dommage, car sur le mois de juin, le site est dédié aux célébrations indiennes, les paw-wow, qui sont aussi des moments privilégiés pour chacun de se rapprocher du noyau familial et d’échanger en famille et entre amis.

Sur notre route plein ouest en direction de Yellowstone, se dresse la montagne des Big Horn. Cet ensemble montagneux est un contrefort des Rocheuses, c’est donc notre premier contact avec ce massif mythique. Les monts Big Horn furent baptisés ainsi par les Amérindiens en raison du grand nombre de mouflons (Big Horn Sheep en anglais) qui y vivaient. Nous gravissons ce premier rempart et passons un col à 2870m, et profitons de vues exceptionnelles sur les pleines environnantes. Ce massif offre des sommets à plus de 3500m éternellement enneigés, avec le point culminant, le pic Cloud (4 013 mètres d’altitude), mais aussi de beaux plateaux arides. Ce n’était pas prévu, nous faisons étape au porcupine campground, ce camping perché à 2600m nous donne l’occasion de passer une nuit à cette altitude et de profiter de cet environnement magique. La dépression n’a pas encore complètement évacué la zone et c’est un orage de grêle qui nous accueille au camping, bienvenue en montagne !

Le lendemain matin, c’est sous un magnifique soleil que nous reprenons la route et entamons la descente pour nous rendre sur le trésor de cette montagne, le Big horn Canyon, creusé par la rivière du même nom sur le flanc occidental du massif. Au détour d’un virage, je ne résiste pas à l’appel d’un petit près, très accueillant avec une brise parfaitement orientée. Le parapente voit enfin le jour après 2 mois passés dans le sac et ensemble nous glissons sur les pentes de cette belle montagne et profitons des petits thermiques matinaux qu’elle offre. Je retrouve Isabelle au pied du massif, le stress de descendre le camping-car par cette route de montagne a laissé la place au sourire et à la satisfaction d’avoir manœuvré comme une chef notre ensemble de forain !

Après être passé par le visitor center et avoir à nouveau réussi l’examen des Juniors Rangers, nous entrons dans le Big Horn Canyon avec l’espoir de voir les chevaux sauvages, tout l’équipage se met en mode recherche et scrute attentivement les collines, au loin pour les dénicher… Sauvages mais pas farouches car c’est finalement à la sortie d’un virage que je monte sur les freins afin d’éviter 3 chevaux qui se promènent paisiblement sur le bas-côté ! Nous stoppons et admirons les superbes représentants des quelques 170 têtes qui composent le dernier troupeau de chevaux sauvages des états Unis.

Le canyon est quasiment invisible depuis le sol, il serpente dans la plaine et il faut s’approcher au plus près de la rivière pour admirer ses impressionnantes falaises de 400 mètres de haut, façonnées au fil du temps par la Big Horn River. Le spectacle est envoûtant, saisissant et majestueux, d’autant plus que nous sommes en fin d’après-midi, la lumière joue avec les falaises et le canyon et, comble du luxe, nous sommes seul dans ce décor majestueux !