Parc National de Grand Teton

Parc National de Grand Teton

Départ à 5h de Cody pour rejoindre d’une traite le parc de Grand Téton en traversant la partie sud du parc de Yellowstone. J’aime ces moments tôt le matin, le jour se lève alors que l’équipage dort encore, la nature s’éveille et la faune sauvage montre le bout de son museau ou de ses cornes…

Nous pénétrons dans le parc de Yellowstone pour une heure seulement le temps de traverser sa partie sud. Ce secteur du parc a été dévasté par un incendie il y a une dizaine d’année, le paysage de désolation contraste avec l’image que nous nous faisons de ce parc mythique.

Arrivés à Grand téton, nous nous rendons au lac jenny avec l’intention d’y randonner pour la journée. Nous sommes le vendredi 22 juin, première journée de cohabitation avec la foule de touristes et vacanciers qui ont eu la même idée que nous ! Comme à chaque randonnée, nous avons emporté notre « bombe à ours » (spray poivré destiné à repousser une attaque d’ours) mais vu l’affluence sur le sentier, il y a peu de chance d’en apercevoir un ! Par la suite, nous avons appris à gérer cette foule de touristes à majorité asiatique qui se déverse sur les chemins des parcs de renommée mondiale entre fin juin et fin Août. La technique est assez simple au final, optez pour des randonnées de plus d’une heure aller et si possible avec un peu de dénivelé et le tour est joué ! 90% des touristes ont un timing très serré et optent pour plusieurs points d’intérêt en une journée, rares sont ceux qui peuvent consacrer une journée voire une demi-journée pour une randonnée.

Autre technique pour ne pas se mêler à la foule, partir naviguer sur les nombreux lacs et rivières qu’offrent ces grands espaces américains et canadien. C’est ce que nous avons fait avec grand bonheur à Grand Téton, ce qui nous a permis de tester notre kayak gonflable acheté à Cody. Bon, OK Jean-Mi, c’est pas LE Kayak ultra marin et taillé pour l’aventure, mais pour se promener sur l’eau en famille et passer quelques petits rapides, c’est parfait. Le plus compliqué, c’est d’obtenir les permis, certificats et autorisations du Parc pour pouvoir naviguer. Et oui, même pour de petites embarcations comme les notre il nous a fallu, acheter deux permis (valables pour un an uniquement dans le parc de Grand Teton 2x12$) puis se rendre dans un autre centre pour payer la taxe sur les embarcations (valable pour un an dans le Wyoming 2x15$) et obtenir la fiche d’inspection et enfin, de la, se rendre sur le site d’inspection ou un Ranger a négligemment jeté un œil à l’intérieur du sac du paddle board et du Kayak puis tamponné (gratuitement !) notre autorisation de naviguer pour la journée…

Entre balades sur sentier et sur l’eau, nous avons passé de beaux moments à Grand Téton, avec un camp de base superbe (merci Ioverlander) avec vu sur les tétons. Une belle soirée passée à Jackson, petite ville selecte au sud du parc où la moindre maison se monnaie 2 à 3 millions de dollars et qui dispose de petits restaurants fort sympathiques…

Ah, au fait, pourquoi Grand Téton ? Ce sont des trappeurs français qui s’aventurèrent  dans cette région au début du 19ème siècle et qui pénétrèrent sur ces terres des tribus Blackfeet, Crows, Shoshones et Gros-Ventre. Ils baptisèrent les cimes enneigées à plus de 4000m, Grands tétons… l’histoire ne dit pas depuis combien de temps ils étaient partis de chez eux …

Cody

Cody

Cody, c’est l’histoire d’un certain William Frederick Cody, plus connu sous le nom de Buffalo Bill, figure mythique de la Conquête de l’Ouest. Monsieur Cody était chasseur de bisons et fournissait entre autre les cuisines de la compagnie des chemins de fer, c’est de cette époque qu’il fut ainsi surnommé. Mais Buffalo Bill est surtout connu pour avoir organisé et dirigé un spectacle populaire : le Buffalo Bill’s Wild West. Ce spectacle mettait en scène la conquête de l’ouest, bien évidemment tournée à la gloire et à la grandeur des états unis d’Amérique subissant les attaques injustifiées de sauvages et sanguinaires indiens…

Ce spectacle était très populaire et très attendu aux 4 coins de l’Amérique car il remontait le moral des colons qui y trouvaient à la fois la fierté de participer à cette aventure mais aussi la justification de leur dure et précaire existence. Il y eu même une tournée en Europe avec un passage en France en 1889 à Paris, Lyon et Marseille ! Pour nous Cody, c’était vivre et s’imprégner un peu plus des deux visages de l’ouest américain. Celui du Cow-Boy tout d’abord, en assistant à notre premier rodéo ! Les néophytes que nous sommes se sont retrouvés au beau milieu de tribunes combles où nous avons ressenti la ferveur populaire se manifester lors de ce beau spectacle. Et c’est vrai que c’est impressionnant, la bénédiction tout d’abord, avec une prière, debout, pour protéger ces valeureux cow-boys qui vont s’affronter dans des exercices très spectaculaires et dangereux. La prière encore afin que « god bless américa », debout et la main sur le cœur ! Et sans transitions aucunes, le défilé des drapeaux des partenaires et autres sponsors de la soirée … Les choses sérieuses commencent ensuite par la très impressionnante chevauchée des taureaux (désolé je n’ai pas d’image dans le film, j’ai foiré les enregistrements GGGrrrr !!!). On comprend beaucoup mieux la prière du début pour ces jeunes hommes qui s’élancent sur un animal de plus d’une tonne, très, mais alors très énervé d’avoir un bipède sur le dos ! Des images de rodéos que nous avons tous vu, ne ressortent absolument pas la rage, la force et la colère de l’animal et l’extrême violence des coups et des ruades que doit gérer et encaisser le cow-boy. Fort heureusement pour nous, tout s’est bien passé, mais c’est vrai que j’ai eu peur que les filles assistent à un drame… Viennent ensuite les épreuves avec les chevaux sauvages et enfin celles où s’expriment pleinement la dextérité des Cow-boys au lasso et la belle osmose avec leur monture lorsqu’il s’agit d’attraper et de maitriser un veau lancé à toute allure. L’autre visage de l’Ouest, c’est celui des indiens, et Cody est réputé pour son musée des indiens des plaines, au sein du Buffalo Bill Historical Center. C’est donc là que nous nous sommes rendus le lendemain matin et nous y avons passé une bonne partie de la journée ! Le billet d’entrée est valable deux jours car ce centre regroupe 5 musées. Nous en avons fait deux avec celui sur la faune et la flore du parc de Yellowstone qui était magnifique, nous avons fait la fermeture ! En parlant de Yellowstone, il serait peut-être temps d’y aller ?

La montagne des Bighorn et son canyon

La montagne des Bighorn et son canyon

Nous quittons Devil’s Tower sous la pluie, qui ne nous aura donc pas quitté depuis notre arrivée sur ce site sacré. Dommage, car sur le mois de juin, le site est dédié aux célébrations indiennes, les paw-wow, qui sont aussi des moments privilégiés pour chacun de se rapprocher du noyau familial et d’échanger en famille et entre amis.

Sur notre route plein ouest en direction de Yellowstone, se dresse la montagne des Big Horn. Cet ensemble montagneux est un contrefort des Rocheuses, c’est donc notre premier contact avec ce massif mythique. Les monts Big Horn furent baptisés ainsi par les Amérindiens en raison du grand nombre de mouflons (Big Horn Sheep en anglais) qui y vivaient. Nous gravissons ce premier rempart et passons un col à 2870m, et profitons de vues exceptionnelles sur les pleines environnantes. Ce massif offre des sommets à plus de 3500m éternellement enneigés, avec le point culminant, le pic Cloud (4 013 mètres d’altitude), mais aussi de beaux plateaux arides. Ce n’était pas prévu, nous faisons étape au porcupine campground, ce camping perché à 2600m nous donne l’occasion de passer une nuit à cette altitude et de profiter de cet environnement magique. La dépression n’a pas encore complètement évacué la zone et c’est un orage de grêle qui nous accueille au camping, bienvenue en montagne !

Le lendemain matin, c’est sous un magnifique soleil que nous reprenons la route et entamons la descente pour nous rendre sur le trésor de cette montagne, le Big horn Canyon, creusé par la rivière du même nom sur le flanc occidental du massif. Au détour d’un virage, je ne résiste pas à l’appel d’un petit près, très accueillant avec une brise parfaitement orientée. Le parapente voit enfin le jour après 2 mois passés dans le sac et ensemble nous glissons sur les pentes de cette belle montagne et profitons des petits thermiques matinaux qu’elle offre. Je retrouve Isabelle au pied du massif, le stress de descendre le camping-car par cette route de montagne a laissé la place au sourire et à la satisfaction d’avoir manœuvré comme une chef notre ensemble de forain !

Après être passé par le visitor center et avoir à nouveau réussi l’examen des Juniors Rangers, nous entrons dans le Big Horn Canyon avec l’espoir de voir les chevaux sauvages, tout l’équipage se met en mode recherche et scrute attentivement les collines, au loin pour les dénicher… Sauvages mais pas farouches car c’est finalement à la sortie d’un virage que je monte sur les freins afin d’éviter 3 chevaux qui se promènent paisiblement sur le bas-côté ! Nous stoppons et admirons les superbes représentants des quelques 170 têtes qui composent le dernier troupeau de chevaux sauvages des états Unis.

Le canyon est quasiment invisible depuis le sol, il serpente dans la plaine et il faut s’approcher au plus près de la rivière pour admirer ses impressionnantes falaises de 400 mètres de haut, façonnées au fil du temps par la Big Horn River. Le spectacle est envoûtant, saisissant et majestueux, d’autant plus que nous sommes en fin d’après-midi, la lumière joue avec les falaises et le canyon et, comble du luxe, nous sommes seul dans ce décor majestueux !

Les Black Hills

Les Black Hills

Les Sioux les avaient nommées les montagnes noires, « Pahá Sápa », lorsque l’on observe de loin depuis la plaine ce massif montagneux et boisé, il apparait effectivement sombre. Terre sacrée pour les indiens, c’est pourtant ce massif montagneux qui accueille les sculptures monumentales de Georges Washington, Thomas Jefferson, Théodore Roosevelt et Abraham Lincoln. Les visages du mont Rushmore, connus dans le monde entier, dérangent au final lorsque l’on connait l’histoire de ces montagnes.

Comment l’homme moderne et soit disant civilisé a-t-il pu se montrer si méprisant à l’égard des sioux en gravant au cœur de son territoire et sur des montagnes sacrées les visages de ceux qui, de près ou de loin, ont cautionné et encouragé la lutte et le massacre de ces peuples ? Et lorsque l’on sait que le sculpteur, Gutzon Borglum, a choisi ces 4 présidents pour rendre hommage à leurs actions politiques résolument tournées vers le respect de l’homme de sa liberté et de ses droits… Pour l’histoire, c’est la guerre des Black Hills, qui donna lieu au plus célèbre affrontement entre les Sioux et Cheyennes contre l’armée américaine, la bataille de Little Big Horn remportée par les indiens. Malgré cela, les Etats Unis prennent possession illégalement de ces terres en 1877, violation qui a d’ailleurs été reconnue par la cours suprême en juillet 1980…

Nous nous extirpons finalement bien vite du mont Ruchmore et de ses hordes de touristes où même le Visitor Center est exclusivement tourné à la gloire de monsieur Borglum et sur la prouesse technique des 14 années de dynamitage de la montagne, pas un mot sur l’histoire indienne de ces montagnes !

Nous dégotons un emplacement dans la forêt pour établir notre camp, au cœur des Black Hills, seul au monde ! Pas tout à fait le premier soir puisque l’emplacement était déjà occupé par Noé, jeune voyageur de Nantes, qui n’en est toujours pas revenu que nous ayons réussi à prendre place et manœuvrer notre VR au milieu des arbres ! Nous avons passé une agréable soirée en sa compagnie.

Le lendemain nous partons randonner depuis Sylvan Lake, un petit bijou de la nature planté là, au milieu des rochers et des pins, au cœur d’une montagne accueillante. L’objectif de la journée ne sera pas atteint par les filles qui n’ont pas le goût à la marche aujourd’hui, c’est donc seul que j’atteins le Black Elk Peak, sommet le plus haut (2 207 mètres) du Dakota du Sud. Bon, je ne veux pas faire mon pénible mais quand même, sculpter dans la roche des marches d’escalier sur les 50 derniers mètres d’ascension et planter, au sommet, une construction avec salle hors sac et toilettes, c’est quand même moyen… De là-haut, la vue est superbe sur les Black Hills et en regardant la plaine au loin, on comprend bien pourquoi ces montagnes s’appellent ainsi.

Après avoir parcouru le magnifique loop de la petite route historique avec ses tunnels au gabarit réduit et ses ponts en bois, nous effectuons une halte dans la petite et charmante ville de Hill City.

Le lendemain, départ pour Deadwood et son histoire toute droite sortie du FarWest ! Deadwood est la ville de James Butler Hickok allias « Wild Bill » et de sa compagne de chemin, une certaine Calamity Jane… Wild Bill a bâti sa réputation sur ses capacités à manier le Colt 45 et ce dans le but de faire régner l’ordre et la loi. Originaire de l’Illinois, il s’établit à Deadwood et devient rapidement le Shérif de cette ville née de la ruée vers l’or où les saloons, les casinos et les filles n’attirent pas que des enfants de cœur…  C’est au cours d’une partie de poker au Saloon que Wild Bill se fera descendre, depuis et encore aujourd’hui, la ville voue une admiration sans limite à Monsieur Hickok, tout dans Deadwood évoque son souvenir, jusqu’à des reconstitutions quasi quotidiennes et minutées de la journée de sa mort !

Nous avons pris beaucoup de plaisir à flâner dans cette ville du Far West, du fait également du festival de musique qui s’y tenait, en fin d’après-midi, nous attachons nos chevaux avant de pénétrer dans le fameux Saloon où Wild Bill fut assassiné pour commander un Whisky (une bière en réalité !) Au petit matin, je ne résiste pas à l’envie de faire un petit footing sur le Mount Moriah, qui surplombe la ville et accueille son cimetière, pour me rendre sur la tombe de Calamity Jane, ayant dévoré les Lucky Luke plus jeune, elle fait un peu partie de la famille… allez Rantanplan, on y va !

Le 21ème siècle retrouvé, le VR roule en direction de Devil’s Tower, autre terre indienne sacrée…

Les Badlands

Les Badlands

Le beau temps ne nous quitte plus et c’est avec lui que nous pénétrons en fin de matinée dans le dédale de collines ondulées aux tons beiges, rouges et rosés  de ces soit disant mauvaises terres. C’est en effet le nom que leur ont donné les trappeurs français lorsqu’ils les ont découvertes à la fin du 19ème siècle, « les mauvaises terres à traverser » (the bad lands to cross) en raison des canyons tortueux qui bloquaient leur avancée. Terre des Lakota (Sioux) elle fut le théâtre d’une des plus cuisante défaite des indiens. Durant l’hiver 1890, les sioux qui tentent d’échapper à l’armée américaine seront finalement capturés dans les Badlands puis déportés plus au sud dans une région contrôlée par l’armée où bon nombre d’entre eux seront massacrés.

Réputées pour ces troupeaux de bisons, les Badlands auront été accueillantes en nous dévoilant une faune riche et accessible sans pour autant nous confronter au Rattlesnake (serpent à sonnette) qui est bien présent lui aussi.

Il y a bien deux campings dans les badlands mais nous testons l’appli conseillée par Anne et Pierredo, « Ioverlander », celle-ci indique des campements possibles et autorisés, en pleine nature afin de profiter pleinement des lieux. Le site indiqué pour les Badlands est carrément magique ! Levé de soleil, couché de soleil et les bisons à deux ou trois cent mètres ! Nous passons deux nuits merveilleuses dans cet environnement magique.

Ces terres sont aussi reconnues comme un formidable gisement de fossiles, en 2010, un enfant de 7 ans a retrouvé un squelette parfaitement conservé d’un tigre à dent de sable. De notre randonnée dans le labyrinthe des falaises de sables et d’argiles nous ramènerons deux coquilles de crustacés, trophées bien plus modestes…

Cap à l’ouest pour la prochaine étape, les BlackHills, autre terre indienne où Kevin Costner y tourna Danse avec les loups …